blablabla-de-girly

hého, hého, au boulot!

Un petit texte sur mon parcours personnel...

Le réveil sonne, me tirant d’un sommeil profond. La veille, dans un élan d’optimisme, j’ai programmé la sonnerie criarde à 7h du matin. Dans la réalité du petit matin c’est autrement plus difficile. J’ouvre un œil hagard et reprogramme le bordel pour qu’il sonne une demi-heure plus tard. Soit exactement le temps qu’il me faut pour me rendormir profondément… re-sonnerie, re-programmation.  Ca peut durer longtemps…   Finalement la culpabilité m’envahit, dormir alors que des milliers de gens, qui ont un boulot eux, se lèvent et vaquent à leur dur labeur quotidien, ça m’anéanti. D’un commun accord avec ma conscience je me lève donc, 8h15, ça va j’aurai pu faire pire.

 

La dure réalité du chômage. Rien à faire de spécial et pourtant l’envie d’une vie « normalisée »

La dure réalité du travailleur. Pas une minute pour soi pour un salaire de merde, plaintif toute la journée mais s’accroche à son boulot coûte que coûte car « les temps sont durs ».

Moi j’ai démissionné, dans un élan d’optimisme, encore. Je ne voulais pas faire partie de cette populace aigrie par un boulot de merde… Résultat, me voilà aigrie et encore plus désespérée par le chômage.

Pourtant j’ai un diplôme, fièrement obtenu depuis trois ans. Communication. Je t’en foutrai ! Voilà, LE secteur porteur au moment où je suis entrée dans cette école. Plan de carrière, boulots motivants, salaires plus que convaincants. Mais forcément quand je suis arrivée sur le marché du travail, et ce en l’espace de trois ans, c’était devenu LE secteur en crise.

Première bourde : ne pas avoir attendu un an de recherche pour enfin décrocher mon premier job de jeune diplômée. Je ne sais pas comment vous fonctionnez vous mais moi la recherche d’emploi ça me tue. Et puis c’est mignon mais quand on sors des études on a pas de chômage, pour ma part pas de RMI (j’ai fini ma maîtrise en poche à 21 ans)  enfin bref pas grand-chose quoi, voir carrément rien du tout. Rectification, votre seule chance dans ces cas là c’est d’avoir des parents et un chéquier directement relié au compte de papa. Mes parents m’ont toujours soutenus c’est pas le problème. Mais pour moi, ça faisait déjà 21 ans qu’ils se coltinaient ma charge financière, et puis avant y a eu mon grand frère et puis derrière, prêt à prendre le relais, il y avait mon petit frère. Donc par fierté, compassion financière et envie d’indépendance, j’ai pris un boulot de merde.

ERREUR STRATEGIQUE GRAVE, car dans notre cher pays cela ne veut pas dire que tu es quelqu’un de bosseur, qui n’a pas que ça a foutre de chercher un boulot valorisant, que personne ne veut lui donner, pendant des lustres. Résultat depuis, je suis abonnée aux boulot de merde.

J’ai beau avoir des périodes de recherches intenses où je me dit terminé j’ai quand même un diplôme il me faut un bon job je le mérite. La réalité du monde du travail me rattrape vite fait, et comme il faut bien payer le loyer et cette nourriture qu’on passe notre temps à évacuer bêtement, et bien je repars sur un boulot pourri.

Le dernier en date ? Je vous le donne en mille : vendeuse. Pour une professionnelle de la communication c’est pas mal non ? Il faut dire que c’est le premier type de boulot qu’on a bien voulu me donner, alors maintenant si je postule sur un poste de vendeuse j’ai un entretien direct. Pour tout le reste, NADA. Juste parfois une petite lettre, nous vous remercions de votre intérêt blablabla profil ne corresponds pas blablabla bon courage dans vos recherches blablabla.

Me voilà condamnée vendeuse à perpétuité par la société, sans avocat commis d’office peut être avec une réduction de peine si j’arrive à faire jouer mon réseau social, et encore, faudra faire gaffe par ce qu’il faut bien anticiper la retraite.

D’ailleurs depuis des lustres on me dit que la génération baby boom va partir à la retraite et que nous les jeunes on aura plein de boulot. Alors moi je comprend pas, non seulement pleins de gens plus vieux avec qui j’ai pu discuter ne trouvent rien mais alors rien (Comme quoi ils ne sont pas tous en poste), et en plus il n’y a pas de boulot pour les jeunes à qui on répète qu’il va falloir assumer et assurer pour tous ces pauvres vieux à qui on va devoir payer leur purée et dentiers. Moi je veux bien, le système de solidarité est peut être arrivé à saturation, mais dans l’idéal j’ai rien contre, mais comment on va faire pour assumer - assurer si nous même on ne peux pas bosser ?

 

Enfin bref, je m’égare. Tout ça pour dire que mon dernier boulot c’était vendeuse, chez Zara. Et là, il faut voir le nombre de gens qui te regardent comme une potiche quand tu leur dit ça. Deux options, soit ils t’ont demandé tout de suite ce que tu fais dans la vie (c’est pour mieux placer que eux ont un boulot super valorisant, bien payé, passionnant quoi ! Bref généralement des connards) et donc ils prennent tout de suite un regard hautain et limite compatissant style « ha bon ? Ca doit être intéressant… » Concluez, c’est vraiment une cruche cette pauvre fille. Soit on a un petit peu discuté avant, il se peut même (si je suis pas encore trop attaquée à la vodka… no comment…) que j’ai sorti deux trois trucs intelligents, ou des opinions qui ne concernent que moi, mais qui ont le mérite d’être argumentées derrière. Là dans un éclat de rire l’autre te demande « Mais au fait tu fais quoi dans la vie ? » C’est le moment que je déteste.  A force avec le temps je répondais en annonçant la couleur directe « Ho, un boulot de merde, je suis vendeuse chez ZARA » style je prend ma situation avec humour. C’était le seul moyen d’éviter le petit sursaut de surprise suivi immédiatement du fameux regard compatissant.

Je trouve ça incroyable la pression que la société impose par rapport à ton activité professionnelle. Comme si ça voulait vraiment dire quelque chose ? Et puis de nos jours même pour vendre des croissants, on te demande « 4 ans d’expérience exigée ». Pff pour vendre des croissants, je me demande où l’on va….

Il faut voir le nombre de candidatures que j’ai envoyées avant de décrocher un emploi !

 

Enfin, après trois mois de recherches intensives et du phoning en attendant (de l’enquête au téléphone, atroce mais nécessaire pour survivre) j’ai enfin décroché un job que l’on peu qualifier de valorisant.

Et oui maintenant je suis auteure pour un city guide, pour l’édition 2008 de la ville de Nantes.

Mon boulot consiste à repérer les bonnes adresses de shops, restau, théâtre etc. Autant dire que j’ai sauté de joie en apprenant que j’étais prise !

Mais comme je le disais plus haut j’ai vite déchantée en voyant le salaire (de misére) proposé et le défraiement quasi nul pour aller manger et critiquer des restau.

 Bon, on ne peut pas tout avoir et je ne vais pas me plaindre, encore six mois de précarité et ensuite j’espère bien rebondir sur un boulot à la fois valorisant et bien payé. Et puis arrivant de chez Zara, il faut bien une transition hein !

Par contre il faut voir la différence de réaction des gens quand j’annonce mon nouveau job ; Complètement dingue ! Un mélange d’envie et d’admiration alors que c’est bien la même personne qui passait ses journées à plier des tee-shirts ! Comme quoi tout est une question de statut !

En passant pour les nantais(es) qui ont de bonnes adresses, bons plans à  proposer et bien c’est le moment de me les soumettre ! (ou pistonner vos amis héhéhé !) Non sérieux, si c’est nul, je réfuterai mais si c’est vos bons plans à vous alors allez y, balancez !

 

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